Editorial septembre 2017
En Église, faire œuvre commune
par Bernard Van Meenen, Prêtre dans l’Unité pastorale Meiser
Article mis en ligne le 24 septembre 2017
dernière modification le 23 septembre 2017

par Père Charles
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Voici le texte complet de l’éditorial de Bernard Van Meenen dans La Voie de l’Unité de septembre 2017.

Dans l’Église, catholique comme ailleurs, la fascination pour le nombril est puissante. Non seulement chacun-e regarde son nombril, mais veut aussi que les autres lui prêtent la même attention.

Et ce fameux nombril, c’est le rôle : le rôle de l’évêque, le rôle du prêtre, le rôle du laïc, le rôle du/de la religieux-se ... On croirait lire la distribution d’une pièce de théâtre : à chacun-e son rôle ! Au théâtre, aucun doute, c’est évidemment essentiel. Mais dans l’Église ?

Dans l’Église, on ne joue pas une pièce écrite. Et il n’y a pas d’auteur qui a destiné les personnages à leur rôle. L’Esprit Saint n’est pas l’auteur d’une pièce dans laquelle évêque, prêtre, laïc, religieux-se devraient jouer chacun-e le rôle de son personnage, et s’y tenir.

Car dans l’Église, c’est différent : il n’y a pas de rôle, mais chacun-e n’est soi-même et ne le devient que grâce à d’autres, qu’il/elle soit religieux-se, prêtre, laïc ou évêque. Disons-le encore autrement, au moyen d’une question : qui que je sois et quoi que j’aie à faire dans l’Église, puis-je l’être et le faire sans d’autres ?

Cette question est d’une grande gravité. Pourquoi ? Parce qu’elle est tout simplement la question du pouvoir. Qui accepte vraiment de ne rien pouvoir faire sans d’autres ? La question nous arrive à tous les tournants des tâches pastorales les plus ordinaires et les plus prosaïques. Or c’est la question cruciale, qui nous ramène toujours à l’essentiel.

Dans l’Église, le pouvoir, c’est accepter l’impossibilité d’agir sans d’autres. Qu’on soit évêque, prêtre, laïc ou religieux-se.

Vous allez me dire : tu rêves, ou quoi ? Je répondrai : non, parce que je ne rêve pas d’une Église sans conflit. Sans conflit, en effet, il n’est pas d’œuvre commune possible. Or le défi est là : faire œuvre commune, où chacun-e accepte d’agir, mais pas sans d’autres. Cela se joue en toute célébration, en toute réunion, en toute action. Et en tout lieu chrétien, du fait même que personne n’agit seul-e, l’enjeu consiste à transformer le conflit en confluent.

Rude tâche, c’est vrai. On ne s’en tirera pas avec quelques bonnes intentions idéalistes, et encore moins avec de soi-disant évidences doctrinales. C’est un combat, il a commencé dès la naissance de l’Église, il durera aussi longtemps qu’elle.

L’Évangile de Jean met dans la bouche de Jésus une phrase décisive : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (15, 5). « Vous », ici, ce sont tous les membres de la communauté, pas seulement ceux-ci ou ceux-là : tou-te-s sont donc à égalité, du fait de ne rien pouvoir faire sans le Christ. Voilà une égalité qui nous vient peu souvent à l’esprit, et moins encore, hélas, dans la pratique. Pourtant, nous dit l’Évangile, de ne rien pouvoir faire sans le Christ, c’est en cela que vous êtes égaux, les uns et les autres. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire », une bonne nouvelle qui nous affranchit de tout nombrilisme d’Église.

Bernard Van Meenen
Prêtre dans l’Unité pastorale Meiser


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